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Autour de Chinon

Fugue en Pays de Chinon…


 

Après avoir poussé – discrètement – les portes de la ville et rejoint la D751, il vous faudra une quarantaine de minutes pour arriver jusqu’au pied de la falaise, qui couronne l’une des seules forteresses médiévales du Val de Loire.

Située au sud-ouest de la Touraine, à la croisée de trois provinces – l’Anjou, le Poitou et la Touraine – voilà Chinon, ville construite sur les coteaux de la Vienne, au cœur même du Parc Naturel Régional Loire-Anjou-Touraine, et bordant une épaisse Forêt Domaniale de 5 500 hectares.

Mais, avant d’entrer en Rabelaisie, et puisque le temps est votre allié, faites la « Touraine buissonnière », loin de toute agitation urbaine…Car entre les forêts de Villandry et de Chinon que l’on traverse – ne pas oublier de faire le plein de chlorophylle enazay-le-rideau passant -, Azay-le-Rideau pourrait bien retenir toute votre attention : premier arrêt sur votre route, cette charmante bourgade protége un véritable « diamant taillé à facettes, serti dans l’Indre »… comme l’écrivait Balzac.

Exemple quasi parfait de la Renaissance tourangelle, le château – élégant, fier et tranquille – séduit à coups sûrs ses visiteurs : façades de pierres ciselées se reflétant dans l’eau, vaste parc à l’anglaise empreint de calme et de sérénité, monument conjuguant joliment tradition française (hautes toitures, poivrières effilées, travées de fenêtres et lucarnes) et ordonnancement à l'italienne…

De quoi passer un agréable moment dans un lieu qui l’est tout autant. Puis, départ pour Chinon en suivant une longue « coulée verte » – d’une vingtaine de kilomètres – bordée de chênes, fougères et autres conifères.

En arrivant à Chinon, autre lieu, autre ambiance : Chinon, la médiévale vous accueille avec son couronnement de tours, créneaux et donjons. Impressionnant que ce site - l’un des plus imposants ensembles fortifiés de France – surplombant le fleuve !

Un ascenseur à flanc de colline vous permet d’accéder à la forteresse du IIIe millénaire : après cinq années d'un chantier de restauration sans précédent en Europe, partez à l’assaut des 150 mètres de remparts restaurés, découvrez ce lieu chargé d’Histoire – Jeanne d’Arc y rencontra le dauphin Charles VII en 1429 – grâce à une muséographie et scénographie interactives et ludiques remarquables : bancs schinononores, écrans tactiles, réalités augmentées, maquettes 3D…, glissez-vous dans la peau des grands personnages qui ont marqué le site de leur empreinte.

En quittant l’endroit, votre regard ne pourra que s’arrêter devant les panoramas – magnifiques – qu’offrent les nombreux points de vue dominant la vallée de la Vienne.

Avant de regagner votre voiture, une petite flânerie dans les ruelles du « vieux Chinon » s’impose : entre les quais de la Vienne et l'escarpement du château, ce quartier a conservé de belles maisons médiévales : façades à pans de bois, encorbellement sculpté, pignons de pierre avec tourelles – La Maison Rouge (14e s.) mérite d’ailleurs que vous y jetiez un œil !

Après une petite pause rabelaisienne bien méritée, il est temps de quitter Chinon, seule sous-préfecture de France sans feu tricolore -, pour rejoindre Langeais, via Rigny-Ussé (dont le château aurait inspiré Charles Perrault pour son conte « La Belle au Bois Dormant »).

A moins que le beau vignoble chinonais – s’étendant sur 2 300 hectares – à quelques ceps de là, ne vous rappelle à son bon souvenir… et que les arômes de violette ou de fraise des bois se dégageant de son nectar vous flattent les narines d’un peu trop près – vous obligeant ainsi à une découverte œnologique aussi conviviale qu’enrichissante.

LANGEAIS

Une trentaine de kilomètres plus loin, les hauts murs de la forteresse féodale de Langeais sont en vue ! Vous arriverez un peu tard pour le mariage d’Anne de Bretagne et de Charles VIII qui eut lieu dans ce château en… 1491, mais pas de panique ! La scène y est reconstituée rien que pour vous, avec des personnages de cire aux physionomies très réalistes…

Mais, on y admire surtout une importante collection de tapisseries et un ensemble de mobilier gothique exceptionnel ! Au total, quinze salles richement meublées et décorées vous plongeront vraiment dans le quotidien d’un prince du 15e siècle…

Avant de quitter le monument par le pont-levis – toujours en état de marche –, faites quelques pas dans le parc pour saluer la Tour de Foulques Nerra, le plus ancien donjon de France !

En sortant du monument, et face au château, une petite pâtisserie-chocolaterie bien appréciée des tourangeaux et visiteurs de passage vous ramènera au 21e siècle : les macarons, guimauves, croquants aux noisettes et autres chocolats viennois, vous permettront de poursuivre votre fugue patrimoniale dans les meilleures conditions…

Dernière étape avant de rejoindre la capitale tourangelle : Villandry.

Pas plus de 10 km séparent Langeais de ces lumineux jardins à la française et du château, considéré comme l’un des derniers nés de l’époque Renaissance, en Val de Loire. A l’intérieur, un étonnant plafond hispano-mauresque en bois sculpté – ramené d’un palais de Tolède – constitue l’un des joyaux du château : acquis par Joachim Carvallo – qui achetCHATEAU VILLANDRYa le domaine en 1906 –, il fut démonté en plus de 3600 morceaux (un vrai puzzle en bois), et nécessita une année entière de travail pour le reconstituer et aménager une pièce sur mesure pour l’accueillir… Etonnant !

Après avoir gravi les marches de son donjon, vous ne pourrez être que récompensé tant la vue sur le jardin et le potager est remarquable ! « C’est un jardin extraordinaire, Il y a des canards qui parlent anglais », chantait Trénet. Et c’est bien l’impression que l’on a lorsque l’on se promène dans ses allées, au gré des senteurs et parfums qui nous guident « loin des noirs buildings et des passages cloutés » - comme disait Monsieur Charles !

Car leur réputation a depuis longtemps fait le tour du monde ! Notez : 9 jardiniers à plein temps, 200 000 plants, 1260 tilleuls, des kilomètres de buis, dans un tableau de 7 hectares ! De quoi se ressourcer et faire le plein de couleurs – de vert, de rouge, de bronze et de jaune –, au milieu du « Potager », autour du « Jardin d’Eau », du « Jardin des Simples » ou près du « Jardin des Amoureux ».

En guise de dessert, savourez le spectacle numérique présentant les 4 saisons du jardin, à l’intérieur du château, à moins que… les « Tartines du Potager » ou les glaces « Rose-Litchee » de « La Doulce Terrasse » – à l’entrée du site – ne vous attirent davantage…

Retour à Tours, par le village de Savonnières, dont les toues et les gabares sur le Cher, vous rappelleront l’importance de son port, au temps de la navigation fluviale.

 

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